Départ à la retraite de Michel L’Hour, directeur du DRASSM

Chers ami(e)s, cher(e)s collègues, cher(e)s partenaires de tous les horizons.
Ce 16 juin 2021, à minuit, le couperet de l’âge limite légal d’activité est tombé et l’heure de prendre ma retraite a sonné. Après avoir consacré l’essentiel de ma vie à étudier le temps passé, force est de constater que pour moi aussi le temps s’est écoulé. Impossible en effet de retourner ce damné sablier dont le contenu s’est si rapidement écoulé !

En août 1979 – c’était hier ! -, je participais non loin de Marseille à mes premières recherches archéologiques sous-marines sur des épaves du IIe siècle de notre ère. Plus qu’une initiation ce fut une révélation et j’ai gardé de ces premières plongées la conviction, qui ne s’est jamais démentie, qu’il ne pouvait y avoir de plus beau métier au monde que celui d’archéologue aux pieds palmés. Par chance, et peut-être au prix d’un peu d’opiniâtreté, j’ai finalement pu intégrer le 15 mars 1982 l’équipe de ce Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM) que j’ai depuis 15 ans l’honneur de diriger. De ce lundi de mars 1982 je n’ai rien oublié car dès lors ma vie toute entière fut dédiée au patrimoine culturel subaquatique, à son étude, à sa protection et à sa valorisation.

Des centaines d’épaves, des milliers d’heures de plongée m’ont au fil des années enseigné la diversité, la complexité, la richesse, mais aussi la fragilité du patrimoine culturel des mondes engloutis. En garantir la gestion administrative et scientifique, en réaliser l’étude et assurer la protection, se faire l’obligation d’en consigner toutes les informations, sans en omettre aucune, pour les restituer au public, professionnel ou pas, la tâche à l’évidence est immense. Elle ne sera sans doute jamais finie ! Elle excède dans tous les cas le temps d’une vie. J’en fais aujourd’hui le constat alors que sonne pour moi la cloche du dernier jour de classe…

A l’heure où je double ce cap, que depuis si longtemps j’observais dans une brume lointaine sans prendre vraiment conscience que je m’en rapprochais, je souhaite une bonne continuation à tous ceux qui depuis tant d’années se sont comme moi attelés à la tâche et qui vont la poursuivre, à tous ceux dont la présence et l’énergie ont permis bien souvent de rendre possible ce qui semblait impossible, à vous tous qui m’avez tant appris, auxquels je dois tant et que j’aime et respecte tant. Quant à moi je prolongerai désormais, dans la quiétude de ma retraite, mes fascinations d’enfant en me passionnant pour vos travaux, en y contribuant peut-être, en cultivant toujours le précieux souvenir d’équipes de fouilles magnifiquement conviviales et solidaires, en rêvant enfin, avec vous, de sites archéologiques magiques, et de mondes ennoyés où avec les autres et grâce à eux on vient toujours à bout de toutes les difficultés.

Merci infiniment pour tous les bonheurs que vous m’avez permis au fil des années de partager
… et bon vent à tous
Michel