2 décembre 2021

« Le Malraux farfelu ». Parution du n°18 de la revue Présence d’André Malraux


« Le Malraux farfelu »

Sous la direction de Sylvie Howlett.

A commander à Michel Leroy 49, ave d’Alembert 93190 Livry-Gargan, accompagné d’un chèque de 25 € + 5 € de frais d’envoi. Par courriel : aiam.tresorier@gmail.com

Farfelu ? Qui sait que l’on doit à Malraux la résurrection d’une épithète forgée par Rabelais, qu’il a métamorphosée au point d’en faire un mot à succès, équivalent de bizarre, saugrenu, loufoque, avec un petit quelque chose d’ahuri tenant à sa sonorité ? Les premiers récits de Malraux (Lunes en papier, Royaume-Farfelu, etc.), précisément nommés écrits farfelus, ont ainsi été distingués des romans tragiques, tels Les Conquérants, La Voie royale, La Condition humaine et L’Espoir. Pourtant, à côté des hommes en lutte, bouleversants, courageux et fraternels de ces romans, des personnages farfelus continuent à s’agiter, un peu désarticulés, souvent ambigus. Le plus célèbre, Clappique, par ses prestations et ses récits, opère des variations grotesques sur des scènes tragiques. Certains participants des Noyers de l’Altenburg ressemblent à des bouffons, malgré la gravité de leurs interventions, et même les scènes atroces des attaques au gaz font émerger des géants de foire dans les paysages dévastés. Clappique réapparaît dans les Antimémoires pour présenter à Malraux deux autres farfelus : Méry, vieil ami de Malraux, et Essuie-Plume, son chat et collaborateur pour l’adaptation du Règne du Malin. Avec ses dyables griffonnés et ses signatures-chats (dont ce numéro présente nombre de reproductions), Malraux offre un autre contrepoint au tragique de ses romans, aux fulgurances de ses commentaires sur l’art ou la littérature, et à la gravité de son ministère. Mais le farfelu ne constitue pas une pause, une fantaisie ou un répit : c’est une force-fêlure qui, dans un mouvement dialectique, offre une contradiction au tragique, à l’épique, au sérieux de l’analyse esthétique, pour faire surgir un dépassement, une Aufhebung, qui permet à l’écriture de continuer à battre, diastole-systole de la création, et de se métamorphoser constamment pour asseoir sa puissance d’antidestin.

Parution Octobre 2021 – AIAM éditions – « Présence d’André Malraux » n°18 –  380 pages – 24×16 cm – 25€