24 janvier 2022

5e séance du séminaire "Malraux et le cinéma" aura lieu le jeudi 19 mars (16 h à 18 h) à l'INHA

  Le programme de notre séminaire « Malraux et le cinéma » a connu quelques modifications. Jean-Albert Bron a bien voulu remplacer « au pied levé » (ou presque) Jean-Louis Jeannelle dont l’intervention est reportée au 7 mai.
La cinquième séance se déroulera comme convenu jeudi19 mars – Attention de 16 h à 18 h –  à l’INHA salle Nicolas-Claude Fabri de Peiresc.
Nous y entendrons donc Jean-Albert Bron, pour une communication intitulée: « Malraux, un maître à penser le cinéma ? »
Résumé:
Dans les limites de la séance du 19 mars, on abordera les problématiques d’une articulation à la théorie du cinéma de la pensée esthétique d’André Malraux.
L’impact entre 1947 et 1956 des grands essais sur l’Art de Malraux doit amener à s’interroger sur l’écho que ses propositions esthétiques ont pu rencontrer dans le champ de la pensée et de la théorie du cinéma durant les trente années qui suivent. La référence implicite ou explicite de plusieurs théoriciens, critiques ou réalisateurs à certaines notions centrales des Voix du silence nous amènera à réinterroger ce texte sous une double lumière.
D’une part en ce qu’ils constituent la chambre d’écho de postures et d’attentes dominantes dans la critique et l’approche du cinéma dans les grands courants intellectuels de l’après-guerre, en proposant un outillage de concepts esthétiques et culturels aptes à les légitimer – on pense entre autres ici à la notion d’ « arts d’assouvissement », à la notion de « schème de rupture », à l’affirmation de l’art comme « anti-destin ».
D’autre part en ce que plusieurs élaborations qui ont donné à ces textes un profond retentissement se trouvent indirectement prolongées dans le champ de la réflexion théorique autour du cinéma, d’André Bazin à Gilles Deleuze en passant par Edgar Morin. On pense ici à la question du réalisme, à la redéfinition de l’expérience esthétique du « musée imaginaire », à la proposition d’une vision ternaire de l’histoire des images, à l’interrogation sur le surgissement dans l’image de la « part obscure ».
C’est pourquoi il n’est pas possible de réduire la contribution à une pensée du cinéma des textes d’André Malraux à la seule Esquisse d’une psychologie du cinéma, fût-elle complétée par les développements qui la prolongent dans les grands essais sur l’art.
Nous chercherons aussi à analyser comment l’approche esthétique qu’il propose du champ des images se trouve au cœur des questionnements contradictoires qui fondent durant cette période la pensée du cinéma, même et surtout lorsqu’il ne parle pas directement de cinéma : tant les débats qui l’opposent alors à Blanchot ou Merleau-Ponty peuvent en dire long sur les fécondes difficultés théoriques d’une époque vite emportée par les enthousiasmes parfois excessifs de la cinéphilie ou du structuralisme sémiologique.
Dans l’espoir de vous retrouver à cette occasion,
Bien amicalement,
Présentation du séminaire : Malraux_et_le_cinema
Alain KLEINBERGER 
François de SAINT-CHERON