Conférence : André Malraux et de la politique culturelle à Bourges le 17 décembre 2013

Photo : Xavier Laurent et François Carré, président de Double cœur.
L’association « Double cœur » propose une nouvelle conférence mardi autour d’André Malraux et de la politique culturelle. Un débat animé par Xavier Laurent, conservateur du patrimoine, directeur des archives départementales.

Sauvegarde du patrimoine

Grandeur et misère du patrimoine d’André Malraux à Jacques Duhamel, tel est le thème de la conférence de mardi animée par Xavier Laurent. Le conservateur du patrimoine et directeur des archives départementales et du patrimoine du Cher revient sur un dossier qu’il connaît bien puisqu’il a réalisé une thèse sur la politique culturelle de cette époque. Nous sommes dans les années 1960.

Pourquoi avez-vous choisi André Malraux ? Parce que j’ai fait des recherches sur le patrimoine bâti et tout ce qu’a fait André Malraux pour les monuments historiques. Le ministre des Affaires culturelles du général de Gaulle ne s’est pas contenté de créer les maisons de la culture, à commencer par celle de Bourges.

Quelles actions a-t-il mené en faveur du patrimoine ? Il a réalisé des choses fondamentales, notamment la loi sur les secteurs sauvegardés. Elle permet de protéger des centre-villes historiques, comme celui de Bourges. Il s’agit de permettre l’aménagement tout en sauvegardant les richesses. Des moyens importants sont également consacrés à la restauration des grands édifices.

Ces grandes restaurations sont-elles réalisées uniquement par amour de l’art ? Derrière, il y avait une pensée politique. On ressort un peu les joyaux de la couronne pour le prestige car la France est exposée sur la scène internationale avec les guerres coloniales.

Vous parlez de grandeur mais aussi de misère du patrimoine, pourquoi ? Parce qu’il y a une ambivalence à l’époque. Des monuments sont détruits tandis que les villes se développent.

Pourquoi s’arrêter à Jacques Duhamel. Jacques Duhamel, ministre de la Culture, de 1970 à 1973, est tout aussi intéressant même s’il se positionne dans un tout autre registre. Il arrive après mai 1968 et le changement. Il va s’attacher à constituer un réseau de centres d’actions culturelles. Quant au patrimoine, il préfère s’attacher à la restauration du plus grand nombre possible de monuments plutôt que de se limiter aux plus grands, comme l’avait fait Malraux. Ce qui a permis de redécouvrir des monuments comme la gare d’Orsay ou l’habitat campagnard. Sa devise était : mieux vaut mille monuments pour cinquante ans que cinquante monuments pour mille ans.

Pratique.Conférence mardi 17 décembre à 19h30 au palais Jacques-Cœur à Bourges. Entrée libre, sur réservation : 02.48.24.06.87.