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André Malraux ou Les Métamorphoses de Saturne par Évelyne Lantonnet


Peu d’études critiques ont accordé une place au mythe dans la pensée de

Malraux. Autodidacte, ce dernier est allé au-devant de la culture ; il n’a pas été

formé par l’institution. Raison ou discours, le

logos

n’est pas ici ce qui

prime ; avec ce qu’il draine d’originel et d’irrationnel, le

muthos

, au contraire,

inspire sa démarche.

D’Antigone à Prométhée, quelques ‘gures fascinent Malraux.

À La

Psychologie de l’art

, l’essayiste adjoint « Les Métamorphoses d’Apollon ».

Cependant, Saturne est la seule instance mythique, qui domine tout un livre.

Saturne. Le Destin, l’Art et Goya

montre comment le génie multiplie les

recherches techniques pour lutter contre l’irrémédiable.

Saturne : un mythe personnel ? Il interpelle d’abord Malraux en tant que

penseur. Celui-ci voit en ce monstre dévorateur une parabole de la condition

humaine. Mais Saturne l’interroge aussi en tant qu’esthéticien. Dès que Malraux

se délivre d’un mode de penser soumis à la chronologie, d’opposant, Saturne

devient adjuvant : il participe à la dynamique de la geste esthétique, soutenant

l’enchaînement des imaginaires, de l’éternel à l’intemporel. Il semblerait que

Malraux ait inventé les métamorphoses de Saturne.

Évelyne Lantonnet, normalienne, docteur en Littérature française (ParisIII),

s’est toujours intéressée aux relations entre l’art et l’écriture. Sa thèse a porté

sur la création artistique dans les essais de Malraux. Elle a participé à de

nombreux colloques internationaux et organisé plusieurs rencontres au sein des

Amitiés Internationales André Malraux. Sous la direction de Jean-Claude Larrat,

elle a collaboré au

Dictionnaire André Malraux.

Elle est responsable éditoriale de

la

Revue des Lettres Modernes

.

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